C’est une ruelle un peu crade,
sans lumière extérieure.
Les talons claquent sur les pavés défoncés
et résonnent d’un mur à l’autre.
Son murmure se mêle à un courant d’air et trahit notre arrivée.
Là-bas, derrière le rideau qui flotte mollement, le passeur nous attend.
Elle lui glisse quelques mots à l’oreille et trempe une main dans sa poche.
Il ne regarde que mes chaussures, sourit en coin, puis nous précède dans un couloir aveugle, large comme mes épaules.
Au bout, les notes, les volutes, les gestes, les verres.
Mais d’abord, le labyrinthe.
Ou bien était-ce juste après ?

Texte : Hong-Kong, 30 août 2047
Photo : New-Orleans, 2 juillet 2000