February, 2009 Archives

Tu t’assoies sur le haut tabouret et tu te recroquevilles.
Tu sais tout de suite que ça va mal se passer.
Tu n’avais plus envie d’y aller depuis des heures.
Tu te tortilles à droite, tu te tortilles à gauche.
Tu feras tapisserie, ce soir comme les autres soirs.
De toute façon, personne ne te parle.
Au bout d’une demi-heure, tu décroises les jambes, et descend de ton perchoir.
Tu fais comme si tu avais autre chose à faire et tu quittes tes hôtes la tête presque haute.
Tu cherches la sortie en essayant d’éviter tous les regards pesants et toutes les pensées gênantes.
Il fait heureusement assez sombre pour que la lumière n’ajoute pas à ton embarras.
Tu dévales les grands escaliers de bois et pousse la porte en verre.
Tu ouvres grand les yeux et la bouche pour aspirer une grande goulée d’air pollué.

Green light, seven eleven
You stop in for a pack of cigarettes

Tu extirpes le paquet de clope et manques de peu de renverser son contenu sur le trottoir.
Inhale. Exhale. Inhale. Exhale. Inhale. Exhale.
Tu hais ces chaussures qui te donnent des crampes mais tu remontes quand même le grand boulevard.
Tu détestes cette soirée mais tu adores les lumières de la ville la nuit.
Tu sais que tu peux t’y cacher, t’y fondre, y disparaître, sans gêne, sans gêner.

With satellite television
You can go anywhere

Tu avances entre ceux qui sortent et qui rentrent.
Tu rêves d’ailleurs, un jour, peut-être, qui sais, avec des si.
Tu n’en peux plus, tu n’en veux plus…

Stay, and the day would keep it’s trust
Stay, and the night would be enough


thunderstorm_007

Texte : Paris, 13 février 2009
Photo : Courbevoie, 26 juillet 2006.

  • February 23rd, 2009