Feelings upon feelings #17

Tout est si calme, les enfants jouent dans le jardin et profitent du soleil. Mes yeux sont à moitié ouverts et je distingue les arbres déformés par les couleurs vives du sommeil. Le souffle de la terre caresse ma joue et je me dis comme souvent qu’il faut profiter de cet instant. Se souvenir de cet instant. Mes souvenirs si précis, si clairs, si proches. Tendre ma main et les toucher et me réveiller brutalement. Coup dans la gueule à moitié soul dans ce bar pourri et ce gars plus déchiré que moi qui me regarde mauvais. Violet, vert, jaune, rouge, bleu, noir, beaucoup de noir. Loin du vent, des enfants, du jardin. Il reste cette odeur d’alcool, de pisse. aller vers le pire pour ne plus avoir peur, me fondre là-dedans comme pour mieux enfouir la boîte de souvenirs, avaler la clé car regarder dans cette boîte c’est comprendre que je m’en éloigne chaque jour. Je suis celui qui détruis, celui qui me détruis, je suis celui qui gâche, celui qui me gâche, je suis celui qui déteste, celui qui me déteste.

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Texte de Gaël Turpo.
Photo : Paris, 14 mai 2006.

  • January 2nd, 2010