feelings upon feelings #4

Les êtres se croisent, se regardent sans se voir. Ils respirent ces parfums que l’on ne peut oublier. Ils s’effleurent et caressent de douces peaux. Je ferme les yeux et c’est cette fleur que je vois, son odeur que je sens, ses pétales que je touche. Elle. Pars. Partir. Des mois, une vie entière. Et partout les mêmes inconnus, partout les mêmes rues sales, les mêmes rues propres. Partout les mêmes hôtels, les mêmes femmes, les mêmes couloirs de métro, les mêmes gares et arrêts d’autobus. Partout les mêmes oiseaux, les mêmes sons et mêmes lumières, les mêmes poubelles et clochards, partout ces regards agressifs ou inquiets. Partout cette même solitude et ces souvenirs si présents. Partir ne sert à rien. Seules les sirènes des ambulances permettent d’identifier la ville où je me trouve. Comme si l’urgence était l’unique moyen de revenir au réel.



Texte de Gaël Turpo.
Photo : Rome, 3 mars 2006.

  • June 15th, 2009