La défaite

Coupe-Gorge

Un peu avant le crépuscule, l’air était chargé de tension.
Le soleil était descendu et la lune était monté. On commençait à entendre quelques sons rauques dans le lointain.

Sur le plateau désert, le vent et les dernières lueurs du jour nous caressaient. On aurait presque pu croire que tout allait bien. Mais quelques sons reconnaissables trahissaient cette quiétude apparente.

Lorsque le ciel fut complètement noir, les premiers gémissement se firent entendre. Suivi de cris de plus en plus forts. Nous avons hâté le pas.

Nous nous sommes barricadés très vite, avons tendu l’oreille et scruté le lointain.
Les premiers coups de feu ont alors retentis. Nous savions que la Grande Nuit commençait.

Plus les voix se rapprochaient, plus nous frissonnions.
D’autres détonations se firent entendre, mais les cris sauvages les ont vite submergés.

On entendait à présent leurs pas sur le bitume chaud, ils étaient derrière nos fenêtres.

Leurs sourires plein de dents blanches pouvaient tromper l’étranger. Mais nous connaissions bien ces carnassiers : ils voulaient nous dévorer. Et ils allaient le faire.

Acculés que nous étions, nous tentions désespérément de défendre notre dernier bastion : à coups de pieds, de poings, ou de tout ce qui nous tombait sous la main.

Les plus vaillants d’entre nous ont déjà succombé. Je rédige ces dernières notes, futiles. J’entends les trompettes funestes et victorieuses : mon heure est venue.

Adieu.

Z.

Une remarque à faire ? · · · Sunday, September 3rd, 2006 at 8:11 pm

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