Je vous écris du fond du cœur, du peu qu’il reste de mes forces. Je vous écris le temps passé, le tant perdu, je vous écris pour ne pas perdre pieds. Un jour il n’y eut plus ni vos pas ni vos mains et le silence s’est fait tout autour de ma vie, j’ai ces images qui me reviennent en pleine figure comme pour me rappeler qu’il n’y a plus rien à espérer. Qu’est-ce qu’on est beaux, qu’est-ce qu’on était fous, on avait les rêves à portée de mains, la musique pour nous guider et qu’importe les drames, il y avait tes bras qui me serraient et je n’avais plus peur du monde. Je n’avais peur que de te perdre mais ça ne pouvait pas arriver, ça ne pouvait pas, on allait vieillir ensemble, peut-être dans un vieux hlm mais et alors ? La lumière au fond du couloir empêche les cauchemars et avec toi dans mon chemin, je n’avais rien à craindre. J’ai trié les vieilles photos et puis les lettres, j’ai cru un instant que t’allais revenir mais la porte ne s’est pas ouverte, il y avait juste mon cœur en miettes, sur le parquet de nos souvenirs. T’avais jamais rien promis mais j’avais cru lire dans tes yeux ce que tu ne savais dire, j’avais cru des choses que t’avais jamais pensé mais comment aurais-je pu le savoir ? Je vous écris de ma fin d’vie et je t’aimais oui mais l’amour ne suffit pas.

Texte par Mahé.
Photo : une lettre de 2007.